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L'adoption de l'IA industrielle progresse, mais l'intégration prédictive reste exigeante

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L'usage de l'IA augmente dans l'industrie manufacturière française, avec 17 % d'entreprises utilisatrices en 2025 selon l'Insee. Cette progression ne signifie toutefois pas que les projets d'IA prédictive sont généralisés ou prêts à être déployés.

Une progression rapide de l'usage dans l'industrie

L'Insee mesure une hausse nette de l'utilisation de l'IA dans l'industrie manufacturière. La part des entreprises utilisatrices est passée de 5 % en 2023 à 7 % en 2024, puis à 17 % en 2025. Cette évolution confirme que l'IA entre progressivement dans les pratiques des entreprises industrielles.

Le chiffre global ne précise cependant ni la nature des outils utilisés ni leur niveau d'intégration dans les opérations. Une entreprise peut être comptée comme utilisatrice grâce à un outil de bureau sans avoir engagé de projet sur ses équipements, ses processus ou ses données de production. La progression statistique doit donc être distinguée de l'adoption d'applications industrielles prédictives.

L'IA générative et l'IA prédictive suivent des trajectoires différentes

La Banque de France indique que l'IA non générative, ou prédictive, reste sensiblement moins répandue. Une part importante de la hausse observée peut venir de l'IA générative employée pour des tâches de bureau. Ces usages sont généralement plus éloignés des contraintes propres à la production industrielle.

Une application prédictive doit s'appuyer sur des données disponibles, fiables et exploitables. Elle doit aussi être intégrée aux outils, aux équipements et aux processus existants. Les besoins d'intégration sont donc plus importants que pour un outil utilisé de manière autonome par un collaborateur.

La disponibilité des données ne suffit pas à déclencher un projet

Le Baromètre de l'industrie 4.0 indique que 77 % des industriels maîtrisent leur Data Management. En parallèle, le Baromètre France Num 2025 situe l'analyse des données à 5 %, malgré sa progression. Ces deux indications montrent qu'une capacité déclarée de gestion des données ne se traduit pas automatiquement par un usage analytique ou prédictif.

Un projet peut rester bloqué par la qualité des données, l'intégration technique, les compétences disponibles ou le retour sur investissement attendu. L'existence d'une infrastructure de données constitue donc un point de départ, et non une preuve de projet. La qualification doit vérifier si les données concernent réellement un cas d'usage industriel exploitable.

La qualification doit partir de signaux propres au compte

La tendance nationale aide à préparer des questions commerciales, mais elle ne permet pas d'affirmer qu'une entreprise donnée dispose d'un projet. Nous cherchons un signal de compte vérifié, comme une initiative identifiée, une évolution du parc ou un besoin opérationnel documenté. Nous vérifions ensuite la présence d'un sponsor, d'un environnement exploitable et d'un cas d'usage économique.

Les échanges doivent préciser la donnée disponible, le système à connecter et la décision que le modèle doit améliorer. Ils doivent également faire apparaître les contraintes d'intégration et les critères de retour sur investissement. Cette méthode évite de confondre un intérêt général pour l'IA avec une capacité réelle à lancer un projet prédictif.

Ce que cela change pour les fournisseurs

Les fournisseurs de solutions d'IA prédictive disposent d'un marché plus sensibilisé, mais pas nécessairement plus mature sur le plan opérationnel. Leur approche commerciale doit partir d'un problème industriel précis plutôt que de la seule progression de l'adoption de l'IA. Les cas liés à la performance, à la qualité ou à l'exploitation des équipements doivent être reliés à des données et à un processus existants.

Nous recommandons de segmenter les comptes selon leur parc exploitable, leur capacité de gestion des données, leur sponsor et leur cas d'usage économique. La campagne peut ensuite qualifier les obstacles liés aux données, à l'intégration, aux compétences et au retour sur investissement. Cette approche concentre l'effort commercial sur les entreprises où un projet peut être défini, évalué et intégré.

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